Le travail thérapeutique

travail thérapeutique

Comprendre ce qui se passe en thérapie

Dans le cadre de la thérapie, nous nous centrerons essentiellement sur quatre aspects. Il s’agit en effet :

  • d’une part d’étudier le problème : le définir, le mesurer, voir quand et comment il se produit,
  • puis comment le modifier par notre action sur chacun de trois paramètres : comportements, émotions, pensées,
  • On peut aussi explorer d’où vient le problème (causes) et quelles sont les conséquences (effets),
  • On peut trouver un problème sous-jacent, qui alimente le premier problème (celui qui est visible).

Les comportements concernent toutes les actions que l’on va pouvoir mener et qui vont avoir une incidence sur nos vies et sur nous-mêmes. Ils concernent donc le corps et ce que l’on va pouvoir faire pour l’amener vers quelque chose de plus sain pendant cette période de guérison (alimentation saine, bonne qualité de sommeil, activité physique). Les émotions concernent comment on nomme les émotions : tristesse, peur, colère … mais aussi les sensations physiques qui les accompagnent (estomac noué, gorge serrée, joues brulantes). Les pensées concernent le contenu des pensées mais aussi l’étiquette que l’on leur accorde : une pensée négative, positive, blessante, euphorisante. Les pensées contiennent aussi l’essentiel de nos croyances et de nos schémas – on en parlera plus loin.

Une thérapie est une exploration et le chemin vers la guérison. Le cerveau est capable d’enclencher sa propre auto guérison mais parfois, nous avons besoin d’un regard extérieur, plus objectif, pour nous guider vers des réponses, qui sont déjà d’ailleurs en nous mais qui ne sont pas visibles à la conscience.

D’ailleurs, dans le courant de la psychologie humaniste, et notamment Carle Rogers (inventeur de la méthode Approche Centrée sur la Personne ou ACP), avait remplacé le mot patient par « client » pour marquer le rôle actif de ce dernier : lui seul sait ce qui lui convient, c’est donc à lui de mener la démarche thérapeutique. Les thérapies comportementales et cognitives se situent dans cette lignée puisque ce style de thérapie est une démarche active nécessitant de l’engagement chez les deux parties : thérapeutes et patient. Avec son cortège de méthodes de questionnement, de techniques diverses et variées (de relaxation, d’auto observation, etc.), d’exercices, de tâche assignées, de jeux de rôles et d’autres prescriptions (lire tel ou tel livre ou visionner tel ou tel film), cette forme de thérapie est résolument dans le concret et l’ici et maintenant.

Pour bien mener une exploration de soi, le plus simple est de se poser la question : « dans cette situation, lorsque je fais telle chose (action), qu’est-ce que je ressens (émotions), et qu’est-ce je suis en train de me dire (pensées) ? ». On peut alors ensemble (patient et thérapeute) essayer de mieux comprendre :

  • ce qui fait que le problème existe et persiste actuellement, dans la vie d’aujourd’hui ;

  • éventuellement en le reliant à des expériences du passé, issues de notre propre histoire ;

  • et en tenant compte des conséquences, qui vont influencer par effet de ricochet, notre façon d’être et d’agir.

travail thérapeutique

Mais attention, le changement ne va pas survenir immédiatement : il serait en effet illusoire de penser qu’un changement immédiat pourrait se produire et changer toute une façon d’être, peut-être toute une personnalité, ou un trouble que l’on trimballe depuis l’enfance. Mais une succession de petites étapes finit par amener très loin, un peu à la manière des caravanes qui traversent le désert : on ne se préoccupe alors que de parvenir au but de l’étape du jour, en marchant très lentement ; la longueur que l’on couvre à chaque pas est dérisoire en comparaison à la distance qui reste à parcourir. Mais à la fin du voyage, un jour après l’autre, l’obstacle est franchi, le désert est traversé. Parfois, on comprend les choses par à-coup, on a le déclic sur tel ou tel point. A d’autre moment, on aura l’impression de construire un mur en brique où chaque petite brique doit être posée, parfois péniblement. Dans tous les cas, on parle bien de travail thérapeutique et c’est donc bien cela : un travail qui demande de l’engagement, de la motivation et de la persévérance.

Une des règles capitales concernant la thérapie : on va toujours vers le changement. C’est d’ailleurs ce qui différencie une thérapie (un travail avec un professionnel de la santé mentale) et une conversation avec un ou une ami(e).

La thérapie entamée n’est pas toujours confortable. Pour la simple raison que nous nous confrontons à un matériel psychique qui dérange et que nous avons soigneusement évité depuis longtemps pour continuer à vivre notre vie au quotidien et à fonctionner au mieux en société. Se confronter à cela dans un esprit d’accueil et de bienveillance envers soi permet d’aborder ce travail plus sereinement.

 » Soyez le maître que vous voudriez avoir. « 

Victor Hugo

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